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Un dictionnaire = une page de titre

Magarete Lindemann décompose un même ouvrage contenant deux dictionnaires en deux occurrences sur la base d’une division de cet ouvrage par page de titre.
Dans l’exemple suivant (Lindemann, 1994, p.574), un même volume pluridictionnairique présentant deux pages de titre est divisé en deux dictionnaires soit deux occurrences :

Premier dictionnaire :

[Robert ESTIENNE,] DICTIONA-||riolum pue­ro­rum. In hoc nudae tantùm, puráe­que sunt dic­tio­nes, nullo loquendi genere adiecto : vt inde sibi à tene­ris exēpla sumant ad decli­nan­dum pueri, simúl­que pro­priam vocum signi­fi­ca­tio­nem pau­la­tim dis­cant. Cui, prae­ter copio­sio­res dic­tionũ expli­ca­tio­nes, authorúm­que pro­duc­tio­nes, multa etiam paßim voca­buli recèns adiecta sunt, quae in aliis edi­tio­ni­bus desi­de­ra­ban­tur, Paris (Ex officina Roberti Stephani)
1574 [Phot, des Titelblatts des Ex. Trier SB : G 8/454 ; Maz. : 10154A]

Second dictionnaire :

[Robert ESTIENNE,] Petit Dictionaire Francoislatin, AVTREMENT DICT Les mots fran­cois selon l’ordre des let­tres, ainsi qu’il les fault escrire, toumez en Latin. Augmenté de plu­sieurs dic­tions Françoises et Latines. Auquel aussi en faueur & vtilté des enfans, auons de nouueau adiousté les accents sur chas­cune des dic­tions Latines, Paris (De l’imprimerie de Robert Estienne)
1574 [Trier SB : G 8/454 ; Maz. : 10154A]

Cette distinction des dictionnaires par page de titre est récurrente : « [Paris BN : 8° X. 12955] » (Lindemann, 1994, p.575) ; « [Freiburg ÜB : D 4716y] » (Lindemann, 1994, p.575-576) ; « [Trier SB : G 8/189] » (Lindemann, 1994, p.576) ; « [Trier SB : G 207aw] » (Lindemann, 1994, p.577) ; « [München BS : L.lat.f.79] » (Lindemann, 1994, p.577) ; etc.

Dans cette logique, tout volume contenant plusieurs listes alphabétiques divisées par des en-têtes n’est pas apprécié comme une suite de dictionnaires mais comme un dictionnaire en raison d’une unique page de titre, à l’instar de l’occurrence suivante (Lindemann, 1994, p.598) :

Jean THIERRY, Dictionnaire fran­çois­la­tin, auquel les mots fran­çois, auec les manie­res d’vser d’iceux, sont tour­nez en latin, cor­rigé et aug­menté par mais­tre Jehan Thierry, auec l’aide et dili­gence de gens sça­vants, Paris (Guillaume Jullian)
1572 [Ste. Gen. : X fol 108/7 inv. 138, Wooldridge 61]

Dans ce dernier exemple, il existe quatre nomenclatures distinctes [1] :
— un Dictionaire fran­cois-latin
— une nomenclature intitulée Aucuns mots et manieres de parler appartenans à la Venerie, rendus en mots Latins,
— une nomenclature intitulée Aucuns mots et manieres de parler appartenans à la Fauconnerie ou Volerie,
— et, un Recueil des pro­pres noms moder­nes de la Géographie, confron­tez aux anciens par ordre alpha­bé­ti­que

Suivant une règle qui pourrait s’écrire un dictionnaire = une page de titre, Magarete Lindmann offre ainsi une approche spécifique. Cette approche est tributaire non pas d’un contenu mais d’une esthétique, soit d’un critère de mise en page.