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Le site « Anthonominalie.fr » a été créé et mis en ligne en mai 2015. Sa vocation est de rendre compte du contenu en cours de rédaction d’un ensemble de créations personnelles, imprimées, intitulé « Paysage de la langue ».
Notre attachement à mêler Art et Recherche, art de la liste et métalexicographie, est issu d’un étonnement et d’un cheminement. En Arts Plastiques et en Littérature, il existe de nombreuses listes réelles ou imaginaires [1]. En Sciences Humaines, de multiples listes composées d’éléments exacts et erronés ont été publiées [2]. Nos pratiques d’artiste plasticien d’abord et de chercheur ensuite nous ont conduit à créer une pratique à l’intersection de ces deux ensembles : une œuvre-inventaire au contenu analysant et complétant des bibliographies dédiées à la Recherche et évoquant des « dictionnaires » rédigés en langue française ou pour partie en langue française, imprimés aux XVIe et XVIIe siècles.
L’introduction suivante présentera successivement les premiers pas de notre démarche en Art et en Métalexicographie. Après avoir évoqué les premiers états de notre pratique artistique et de notre réflexion esthétique, nous exposerons notre intérêt à approfondir et à créer par le biais de ce site des inventaires ou des listes.
Enfin, à l’image d’un atelier et en raison d’un important travail de recherche qu’il importe de mener sur plusieurs années pour créer cette œuvre-inventaire intitulée « Paysage de la langue » et dédiée aux « dictionnaires », il est nécessaire de garder à l’esprit que ce site intitulé « Anthonominalie.fr » est un espace de travail en constante évolution dont le contenu et les termes se précisent.
Un « Paysage de la langue »
Ci-dessus, vous découvrez trois images d’un précédent état d’un « Paysage de la langue » : deux photographies de détails et une vue d’un bon à tirer. Cette création, réalisée en 2011, sans base de données et sans ce site, mentionne un inventaire des dictionnaires en langue française publiés au XIXe siècle. Cet inventaire des dictionnaires se déployait sur plusieurs pages ou vues de 2500 x 600 mm. La vue jointe créée pour le bon à tirer (BAT) et modifiée ici pour être présentée sur ce site n’est qu’un extrait. Pour entrevoir ce que pouvait être ce précédent état d’un « Paysage de la langue », il faut imaginer plusieurs dizaines de vues se succédant, se jouxtant aux nuages de points différents. Il faut imaginer sur plusieurs dizaines de mètres des pages de 2500 x 600 mm rêvées en ligne sur un mur et présentant un corps de texte inférieur à 12 points.
Ce précédent état d’un « Paysage de la langue », il nous suffisait de l’imprimer. Cependant, après une analyse de cette œuvre et une prise de conscience de ses faiblesses, il nous a semblé qu’un autre « Paysage de la langue » portant sur une autre période et un site pouvaient être développés. Des corrections et des précisions devaient être apportées. Cette démarche nous a conduit à clarifier notre pensée et le contenu de cette œuvre.
Quant à ce précédent état d’un « Paysage de la langue » présenté ci-dessus en images, aujourd’hui mis de côté, outre l’expérience qu’il nous a permis d’acquérir sur plusieurs années, ce précédent « Paysage de la langue » nous a permis de préciser le rendu graphique que nous souhaitions sur un support papier : un « Paysage de la langue » se compose d’un texte blanc en relief sur fond blanc structuré par des points noirs ; une relative illisibilité du texte est exigée.
Esthétique
Un « Paysage de la langue » est un ensemble de grands formats imprimés présentant un texte blanc en relief sur fond blanc, ne laissant lisible à distance que des nuages de points noirs. Il ne permet pas une lecture aisée du texte imprimé qui le compose. Il expose des points.
Le texte imprimé du « Paysage de la langue » semble de la sorte secondaire. Il peut paraître qu’il n’ait pas pour vocation à être lu. Il peut sembler qu’il n’ait pas pour vocation à être un contenu particulier, utile ou lisible.
À l’instar des grands formats de l’Art Contemporain en photographie ou en peinture participant d’une démesure happant le spectateur, l’impressionnant, l’environnant, l’aliénant, un « Paysage de la langue » est une œuvre de grand format déployant une stratégie similaire [3]. Il ne se présente pas au premier abord dans l’intimité d’un livre. Il offre en premier lieu le spectacle d’une logique recouvrant des murs. Il offre une accumulation de points séparés par un texte blanc semblant l’organiser. Il peut paraître le résultat illisible d’un code ou d’un programme informatique se déployant sur de grands formats.
En cela, comme de nombreuses pratiques en Art Contemporain sélectionnant des matériaux numériques ou des informations issues de réseaux, promptes à les déplacer dans le champ de l’Art, un « Paysage de la langue » semble esthétiser les matériaux d’un programme informatique : des matériaux distants, inconnus ou méconnaissables [4]. Il donne à voir une accumulation de matériaux étrangéisés. Il soustrait au regard du spectateur ces matériaux et le programme ou la logique à l’origine de cette accumulation et de cette composition.
Ainsi, sans ce site intitulé « Anthonominalie.fr » décomposant le contenu d’un « Paysage de la langue », sans ce commentaire, un « Paysage de la langue » imprimé, exposé, pourrait être associé à un dispositif en Art Contemporain, à quelques exemples se jouant de signes linguistiques, poétisant ces signes au moyen d’un jeu graphique et d’un format, au moyen d’un langage étrange et étranger.
Toutefois, à distance de ces pratiques en Art employant des accumulations ou des listes, détournant un langage et le poétisant, un « Paysage de la langue » est le résultat d’une autre perspective. Un « Paysage de la langue » a pour vocation à examiner ce qui est énoncé. Il a pour objet à corroborer ou à réfuter les sources mentionnées : ces « dictionnaires » cités et empruntés à diverses études.
Un art des nuages
Un « Paysage de la langue » expose en blanc sur fond blanc une suite de matériaux sélectionnés et ordonnés. Sous des nuages de points noirs, notre démarche consiste à compléter, à préciser, à étudier et à créer des listes sur un sujet précis : des dictionnaires rédigés en langue française ou pour partie en langue française.
Il s’agit de défaire des nuages existants, des bibliographies existantes, un environnement de listes, une constellation de listes, une tentation à accumuler des notices bibliographiques ou des objets. Nous nous penchons sur des bibliographies et sur des métacatalogues, et, nous tentons de déterminer en créant une bibliographie et plus particulièrement des inventaires, ce qui est exact, redondant ou erroné.
Une bibliographie en effet n’est pas seulement un espace où sont évoqués des livres. Il s’agit aussi d’un espace où s’expriment des pensées, des sensibilités, des incertitudes et des imprécisions sous la forme de références bibliographiques. Ce peut être le lieu aussi où des livres s’inventent, où des livres sans existence réelle se créent. Et plus précisément, dans les limites de notre recherche, des bibliographies concluant des études scientifiques consacrées tout ou partie à des dictionnaires ne sont pas exemptes de dictionnaires fantômes ou de dictionnaires sans existence réelle.
Ainsi, en exposant un « Paysage de la langue », un paysage de points, un nuage de points, un texte blanc, notre intention au moyen de ce dispositif et de cette métaphore est de pointer une tentation à créer du code, de nouveaux livres, de nouvelles listes, de nouvelles œuvres, toujours plus grandes ou plus complètes sans trier des matériaux, sans les regarder.
Un espace de travail
Un temps, au cours de notre démarche d’artiste et de bibliographe, avant que nous nous décidions à créer ce site et à le mentionner sur une impression d’un « Paysage de la langue », la relative illisibilité du texte d’un « Paysage de la langue » a été problématique. La pertinence d’un « Paysage de la langue » ne pouvait être vérifiée sans la présence d’un commentaire et sans présenter autrement de manière lisible le texte qui constitue cette œuvre. L’encre devait être noire ou blanche. Et ce choix n’était pas satisfaisant.
Pour créer simultanément un paysage d’occurrences lisibles et vérifiables et un paysage de points ponctuant un texte blanc, pour ne pas avoir à abandonner l’illisibilité au profit de l’accessibilité ou l’œuvre au profit de la recherche, en vue de lier nos démarches d’artiste et de bibliographe ou en vue de retrouver leur point commun, nous aboutîmes à la conclusion que cette œuvre — un « Paysage de la langue » — devait être plus intrinsèquement liée à la création de son contenu. Il nous fallut développer en tant qu’artiste et bibliographe un autre espace.
Pour ce faire, nous dûmes nous placer à hauteur de listes pour comprendre qu’un espace de travail et de commentaires accessible en ligne pouvait générer des « Paysages de la langue », ou, pour entrevoir qu’un Art et qu’une Recherche plus attentifs à ces listes singulières pouvaient être développés au moyen d’un espace de travail en ligne.
Le schéma ci-dessous illustre ce propos. Divisé en trois parties — Site, Art et Recherche — ce schéma évoque l’interdisciplinarité de ce site, de cet espace de travail, tout autant que son statut particulier. Ayant pour origine une démarche artistique, ce site développe en son centre avant tout une suite de matériaux ou des inventaires motivés par la perspective d’un double emploi, soit en Art, soit en Recherche, en fonction de l’ingénierie discursive et de l’esthétique les accompagnant.
Dans cet espace de travail ou ce site, nous avons ainsi le loisir de composer nos inventaires, de préparer nos nuages et nos études. Et ce site n’est ni tout à fait une œuvre, ni tout à fait une étude. Il s’agit d’un espace leur préexistant où l’encre en d’autres mots peut attendre.
Composer des inventaires : innover et préciser
En repoussant à plus tard l’impression d’un « Paysage de la langue », nous avons conçu ce site à l’image d’un atelier. Il génèrera les matrices d’un « Paysage de la langue » : les PDF à imprimer. Il justifiera son contenu.
Au moyen d’une base de données accessible en ligne, ce site en effet permet de construire et de donner à lire un inventaire relativement exhaustif des listes de mots classés alphabétiquement, et, des recueils de mots centrés sur un thème, rédigés en langue française, ou pour partie en langue française, imprimés aux XVIe et XVIIe siècles. Ce site de plus est un espace de travail où peuvent être conçus des inventaires complémentaires, inédits et nécessaires : un inventaire par exemple des dictionnaires non-localisés n’a jamais tenté, ni même une base des dictionnaires fantômes, ou, une présentation des « dictionnaires » par établissements documentaires. Ces résultats sont la conséquence d’une méthode et d’une analyse approfondies des bibliographies et des ressources que nous avons consultées.
Écrire sur l’œuvre en cours
Différemment, comme conséquence de ces inventaires et en vue de maitriser par ailleurs la dénomination d’un « Paysage de la langue » — un « Paysage de la langue » pouvant être qualifié d’estampe puisqu’il s’agit d’une impression sur papier tout à la fois image et texte —, il nous a paru utile d’associer à ce site une étude lexicographique sur le vocable ESTAMPE.
En effet, ce thème — l’Estampe en tant que vocable ayant une histoire —, dans le champ de l’Art, est aujourd’hui un sujet de résistances et de débats, et, une étude plus précise et plus systématique nous semble nécessaire dans la mesure où, au cours de ces débats, l’étymologie et la définition du vocable ESTAMPE sont empruntées à quelques dictionnaires et sont employées comme arguments.
Au moyen d’une recherche dans lesdits « dictionnaires » desdits inventaires que nous composons, nous sommes en mesure de rassembler une suite de matériaux : des faits linguistiques.
Assurément, le vocable ESTAMPE présente une polysémie au cours des XVIe et XVIIe siècles et une histoire peu étudiées. Si le vocable ESTAMPE désigna à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle une image gravée en bois, en taille douce ou à l’eau-forte sur un « métail » et le résultat sur un support souple d’une impression de cette image ou matrice au moyen d’un procédé exerçant une pression, il apparait dans ces débats que le vocable ESTAMPE dès le XVIe siècle perd de sa polysémie. Or, le vocable ESTAMPE eut aussi pour sens, entre autres, au cours des XVIe et XVIIe siècles, à l’aune des dictionnaires, un ouvroir d’imprimeur, l’imprimerie, l’impression de livres, la typographie, un outil de serrurier, un outil d’orfèvre, une tulipe, la ville d’Étampes et une « bousche ».
Dans ce contexte, il y a lieu de se demander si une Estampe-Outil-Typographie ne s’est pas estompée au profit d’une Estampe-Image sous l’autorité des dictionnaires, et, si les débats actuels ne reflètent pas cette autorité. Il y aurait lieu de réfléchir sur l’absence de cette Estampe-Outil-Typographie. Nous souhaitons ainsi ajouter notre contribution.
L’encre pour horizon
En conclusion, le statut de ce site est particulier. Il nous permet d’évoquer et de construire un contenu et un ensemble d’études en amont ou parallèlement à l’impression d’une œuvre graphique et de la publication d’études. Il est une composante de notre démarche artistique tout autant que de notre démarche scientifique. Il a pour vocation à être un atelier, à apporter des données nouvelles ou complémentaires sur une bibliographie exhaustive des dictionnaires rédigés en langue française ou pour partie en langue française imprimés aux XVIe et XVIIe siècles, à enrichir au moyen de faits linguistiques mis au jour et d’hypothèses notre connaissance du vocable ESTAMPE, et, enfin, à être le socle d’une œuvre graphique inédite interrogeant un Art des listes.
Pour aborder l’ensemble de ces sujets et les différentes relations de ces sujets, trois parties distinctes ont été créées :
— Tables et inventaires de dictionnaires en langue française,
— rubrique 34,
— Créations.
Ces trois parties seront complétées progressivement.
Un plan abrégé du site est accessible au lien suivant Plan du site et l’évolution de ce site est évoquée dans une page consacrée aux Mises à jour.
Les premières années de vie de ce site seront principalement consacrées à la création des inventaires de dictionnaires et à l’ergonomie de ce site.
Si vous souhaitez contribuer à la création de ces inventaires ou nous faire part d’une remarque ou d’une correction à apporter, en vous en remerciant par avance, il vous est possible de me joindre au lien suivant : Contact.
Éric Plancke, le 21 09 2016.
[1] Parmi de nombreuses œuvres en arts contemporain présentant une liste de mots ou de locutions, sans tenir compte des livres d’artistes, nous pouvons citer :
- Robert
Morris , Card File, 1962 ;- Joseph
Kosuth , Five Five’s (to Donald Judd), 1965 ;Art & Language , Index (02) I, Galerie Bruno Bischofberger, Zurich, 1972 ;- Bernard
Heidsieck , Vaduz, 1974 ;- Marcel
Broodthaers . Salle blanche, Exposition « L’Angélus de Daumier » au Centre national d’art contemporain (Cnac), Paris, 1975 ;- Paul-Armand
Gette , La Nomenclature binaire. Hommage à Carl von Linné, Université Paris X, 1975 ;- Alighiero
Boetti , Classificazione dei mille fiumi piu lunghi del mondo (Classification of the thousand longest rivers in the world), 1976-78 ;- Jenny
Holzer , Truisms, New York, 1978 ;- Jean-Michel
Basquiat , All Colored Cast (Part III), 1982 ;- Fabrice
Hyber , Peinture homéopathique n° 10 (Guerre désirée), 1983-1996 ;- Bruce
Nauman , One Hundred Live and Die, 1984 ;- Thomas
Locher , The World, 1987 ;- Christopher
Woll , Black Book Drawings, 1989 ;- Jochen
Gerz , 2146 Steine - Mahnmal gegen Rassismus / 2146 Stones - Monument against Racism, Square of the Invisible Monument, Saarbrücken, 1990-1993 ;- Félix
Gonzalez-Torres , Untitled (Death by Gun), 1990 ;- Douglas
Gordon , List of Names, 1990-.... ;- Lawrence
Weiner , ONE LUMP, TWO LUMPS, THREE LUMPS, FOUR (), 1990 ;- Claude
Closky , Untitled (Marabout), 1995-1997 ;- Érica
Baum , Untitled (The Encyclopedias) (Card Catalogue), 1997.- Christian
Boltanski , Les Registres du Grand Hornu, MAC’s, 1997 ;- Rémy
Zaugg , [Accès aux Archives de l’État], Archives de l’État/Staatsarchiv, Bâle, 1999 ;- Jacques
Charlier , Low, 2003 ;- Évariste
Richer , Principe d’incertitude, 2003 ;- John
Baldessari , Prima Facie (Third State) : From Aghast to Upset, 2005 ;- Miriam
Laussegger et EvaBeierheimer , worte#2/tapete/2005, 2005 ;- Mel
Bochner , Irascible, 2006 ;- Arnaud
Cohen , Campagne JPR End Game Goodies, 2006 ;- Henrik
Olesen , How Do I Make Myself a Body ?, 2007 ;- Grégory
Chatonsky , Waiting, 2007 ;- Robert
Barry , Word List, 2009 ;- Lisa
Lala , The List Wall Project, 2009-.... ;- Jean Claude
Lefèvre , Le travail de l’art au travail, chambre au-dessus de la rivière, Maison Cantoisel, Joigny, 2009 ;- Jill
Magid , The directives, 2009 ;- Wesley
Meuris , The World’s most Important Artists, 2009 ;- Ignasi
Aballí , List (World Map 2009), Galerie Meessen De Clercq, Bruxelles, 2010 ;- Taysir
Batniji , GH0809, 2010 ;- R. Luke
DuBois , A More Perfect Union, 2010-2011 ;Société Réaliste , L’avenir dure longtemps, Appendix, Rennes, 2010 ;- Philippe
Cazal , Banc Désobéissance, Chatou, 2011 ;- Candy
Chang , Before I Die, La Nouvelle Orléans, 2011 ;- Lesley
Cherry , The Knitted Word Project, 2011 ;- Daniela
Comani , It Was Me. Diary 1900-1999, Venise, 2011 ;Gilbert & George Shooting, 2011 ;- Julien
Prévieux , Forget the Money : livres de la bibliothèque personnelle de Bernard Madoff, 2011 ;- Dan
Gilsdorf , Sentences, 2012 ;- Barbara
Kruger , Beach Towel, 2012 ;- Gary
Simmons , What Are You Waiting For ?, 2013 ;- Fabien
Zocco , Searching for Ulysses, 2013 ;- Julien
Boucq en collaboration avec les architectes QuentinHatry et Jean-CharlesGiardina , Rues de Lille, 2014 ;- Tim
Hollander , Proposal for a cabinet (with text), 2014 ;- Wouter
Venema , Two Words, 2014-2015 ;- Babi
Badalov , EASTanbul WESTanbul, 2015 ;JaZoN Frings / JaZoN Ex , JaZoN Ex. Galerie mfc-michèle didier, 2015 ;- Luc
Lapraye , Exception, 2015.
En Littérature, les exemples de listes sont tout aussi nombreux. Il y a des catalogues chez
[2] Dans les limites de notre recherche en métalexicographie portant sur les « dictionnaires » rédigés en langue française ou pour partie en langue française, imprimés aux XVIe et XVIIe siècles, l’introduction à l’étude du Grand Dictionaire françois-latin (GDFL ; 1593-1628) de Terence Russon
« Ainsi, non seulement l’appellation « le Dictionnaire de Nicot » est employé pour le GDFL comme pour le DFL de 1573 et le Thresor [4], mais encore il arrive à Nicot de se voir attribuer une préface d’imprimeur de 1609 [5]. Les différents titres sont confondus : en 1904, Beaulieux attribue le titre de « Dictionaire françois-latin » au GDFL paru en 1607, 1608, 1609 et 1614, celui de « Grand Dictionaire françois-latin » au GDFL de 1593, 1606, 1614, 1618, 1625 et 1628 ; en 1927, il donne le second au GDFL entre 1607 et 1628 [6]. Wartburg classe l’édition du GDFL de de Brosses 1614 sous le titre « Thresor de la langue françoise » [7]. Les quelques exemplaires de Paris étant les plus connus, on leur accorde souvent une importance démesurée : ainsi, Brunet, et, à sa suite, Graesse, Lanusse et Brandon [8], font commencer le GDFL en 1609, date de la première parution à exister en bibliothèque à Paris. De la même façon, Quemada attribue au libraire Nicolas Buon, chez qui paraît en 1614 une réimpression de l’édition de Poille : a) la préface de l’imprimeur, Jean Du Carroy, qui date de 1609 et plagie celle de Stoer qui, elle, remonte à 1593 et se fonde à son tour, à la fois sur la préface du DFL de 1573 et sur l’épître dédicatoire du DFL de 1564 composées toutes deux par Dupuys ; b) des éléments de vocabulaire annoncés dans le titre de Voultier 1612 et, avant lui, dans ceux de Baudoin 1607 et Stoer 1610 ; c) une réédition du GDFL [9]. »
Pour l’ensemble des appels de notes mentionnés entre crochets que nous n’avons pas souhaité soustraire et leurs détails, nous vous invitons à consulter : Terence Russon
[3] De nombreuses œuvres en art contemporain présentant des listes de mots ou des listes de locutions entourent et peuvent intimider le spectateur-lecteur en offrant une quantité non-négligeable de textes à lire sur des dizaines de mètres du sol au plafond. Parmi ces œuvres, pour exemple, il nous est possible de citer Untitled (Marabout) (1995-1997) de Claude
[4] Deux œuvres peuvent être citées comme exemple : Waiting (2007) de Grégory



