Nos précédentes expériences d’inventaire de dictionnaires
Notre intention aujourd’hui de créer un site internet dédié pour partie à un inventaire des dictionnaires et des listes alphabétiques et idéologiques de mots en langue française publiés principalement au XVIe et XVIIe siècle née d’une suite d’expériences d’inventaire de dictionnaires en langue française menées depuis 2007.
Conçus pour être imprimés sur un support papier ou sur un support rigide, à destination d’un espace d’exposition, ces inventaires nous ont permis de mesurer l’ampleur de la tâche, de questionner des mises en forme et d’apprécier la complexité de ce sujet.
Créer un inventaire des dictionnaires en langue française publiés du XVIe siècle à ce jour est avant tout lié aux objectifs que nous nous fixons. Initialement, sans nous départir aujourd’hui de ce projet pour le moins très ambitieux, nous souhaitions dresser avec l’énergie de la naïveté la liste de tous les ouvrages intitulés dictionnaires en prenant soin de présenter nos sources.
Le catalogue du Système Universitaire de DOCumentation (SUDOC) fut le premier catalogue que nous souhaitâmes questionner. Il fut interrogé en 2007. Il nous permis de dresser un premier inventaire que nous couplâmes aux listes chronologiques présentes sur le site du Musée Virtuel des Dictionnaires.
Ce premier essai comme un premier état d’une gravure nous occupa près de trois années. Sur ce sujet, ce que le lecteur ne perçoit peut-être pas est le bruit généré par les notices. De nombreuses notices sont redondantes et nous ne souhaitions pas ne pas mentionner telle ou telle notice au motif qu’un autre indiquait la même chose mais situait ledit dictionnaire dans un autre établissement documentaire. Pendant près de trois années, nous nous sommes par conséquent plu à copier, coller, trier et remettre en forme plusieurs milliers de notices en vue d’obtenir un inventaire.
Dans le cadre d’une création graphique pour un espace d’exposition, et suivant l’exemple d’artistes plasticiens s’adonnant à la création de listes, le partage de cet inventaire dans un lieu d’exposition avait du sens. Un mur de plusieurs dizaines de mètre aurait pu être recouvert par cet inventaire en corps 10 ou 12. Limiter cette pratique ou restreindre cet inventaire, inversement, n’aurait pas eu de sens. Plus il y avait de notices, plus notre démarche d’artiste plasticien s’affirmait. Ces notices étaient nos matériaux, nous permettaient une représentation du monde, comme d’autres emploient une association de techniques mixtes ou du collage. Une injonction présidait : parce qu’il n’existe pas, cet inventaire est à faire.
Dans un monde où un artiste plasticien n’existe que par des expositions et par des lignes qu’il ajoute à son curriculum vitae comme autant de preuve de sa compétence et de son autorité, en 2010, la présentation de cette pratique s’est avérée plus pressente. Quelques états, quelques segments de cet inventaire ont été imprimés. Un examen du catalogue de la Bibliothèque Nationale, des difficultés rencontrées lors du tri et d’une nouvelle mise en page nous ont convaincu de ne pas donner suite et de ne pas rechercher des expositions et des moyens pour présenter cet inventaire. Cet inventaire devait repris.
De 2010 à 2013, ce peu de temps accordé au spectateur pour apprécier cet inventaire dans le cadre d’un exposition est devenu problématique. Cet inventaire pouvait être utile mais cette utilité ne pouvait pas ou ne pouvait plus être mariée aux critères que nous avions déterminés pour présenter ce travail. Une présentation du texte en blanc sur fond blanc se querellait avec le contenu de ce texte et l’utilité de cet inventaire. Ce texte devait être lisible et ne pas l’être.
Notre autorité devait être double. Dans le champ des arts plastiques, l’idée même de cette pratique devait être reconnue. Dans le champ de la bibliographie, et plus spécifiquement à destination des lexicographes, cet inventaire devait être connu, jugé et vérifié.
La solution que nous avons alors émise est la création d’une mise en forme type du texte pour que cette mise en forme type du texte puisse être placée en colonne sur de grand support ou pour que cette mise en forme type du texte puisse être collée dans un format A4 et distribuée. Cette idée a tenu près de trois ans. De nouveaux états ont été créés et en particulier au format A4.
Cette remodélisation du contenu a mis au jour une nouvelle problématique dont nous étions soucieux mais qui lors de l’exploitation des ressources du catalogue de la BNF a été amplifiée. Pendant près de trois ans, nous avons tentés de mettre en forme un contenu de plus en plus complexe. Depuis le départ, nous gérons des notices qui sont comme autant d’extériorités à des ouvrages. Sans ledit ouvrage en main, ces notices sont comme des descriptions différentes d’un même ouvrage. Les unes indiqueront un auteur. Une autre concernant le même ouvrage ne le mentionnera pas. Un titre court par exemple peut aussi avoir plusieurs aspects. Une troncation du titre par exemple n’est pas nécessairement mentionnée. Tous les aspects d’un même ouvrage sont concernés, y compris les descriptions littérales. Pour réaliser un inventaire, sans avoir accès aux ouvrages, il est pourtant nécessaire d’opérer des choix tout en permettant au lecteur, de comprendre et de percevoir l’organisation de notre pensée et les choix réalisés.
Au titre d’une métaphore, la création d’un inventaire au moyen de notice est à l’image d’une œuvre qu’il nous faut restaurer. Les pigments que nous ajoutons doivent réversibles.
Plus concrètement lors de cette phase de travail, nous avons été amenés à distinguer les références extérieures de la description que nous pouvions ajouter. Et, dans la mesure où la création de cet inventaire ne permet pas de consulter l’ensemble des ouvrages, il nous fallut par conséquent, aussi, rendre compte et ordonner la multiplicité des descriptions d’un même ouvrage.
L’emploi de la couleur à ce titre fut prépondérant.
La création toutefois de cet inventaire directement sur un logiciel de mise en page fut abandonné. Si la mise en forme du texte fut jugée satisfaisante, les pdf ainsi générés ne permettaient pas au lecteur de développer des recherches précises, complexes.
Nous nous sommes donc attelés à la création d’une base de données accessible en ligne et de ses formulaires.